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Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /2007 13:22
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Par Vincent PAULEZ

Conformément à l’article 8 de la Constitution, le président de la République a nommé, sur la proposition du Premier ministre :

-  Alain Juppé : ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables
-  Jean-Louis Borloo : ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi
-  Michèle Alliot-Marie : ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales
-  Bernard Kouchner : ministre des Affaires étrangères et européennes
-  Brice Hortefeux : ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement
-  Rachida Dati : garde des Sceaux, ministre de la Justice
-  Xavier Bertrand : ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité
-  Xavier Darcos : ministre de l’Education nationale
-  Valérie Pécresse : ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
-  Hervé Morin : ministre de la Défense
-  Roselyne Bachelot-Narquin : ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports
-  Christine Boutin : ministre du Logement et de la Ville
-  Christine Lagarde : ministre de l’Agriculture et de la Pêche
-  Christine Albanel : ministre de la Culture et de la Communication, Porte-Parole du Gouvernement
-  Eric Woerth : ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique
-  Roger Karoutchi : secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement
-  Eric Besson : secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques
-  Dominique Bussereau : secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, chargé des Transports
-  Jean-Pierre Jouyet : secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé des Affaires européennes
-  Martin Hirsch : haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté

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Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /2007 08:18
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Par Vincent PAULEZ
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Jean-Claude Gaudin, qui assure désormais l'intérim de la présidence de l'UMP, aux côtés de Pierre Méhaignerie et de Brice Hortefeux, a annoncé lors du Conseil national qu’une réforme des statuts instituant "une gouvernance nouvelle et moderne" sera soumise à l'automne au vote des adhérents.

L’UMP a réuni lundi 14 mai son Conseil national au cours duquel le président élu Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il cessait d'exercer les fonctions de président de l'UMP. « La haute idée que je me fais de la fonction présidentielle (...), la nécessité pour le président de la République d'incarner l'autorité de l'Etat, de parler pour tous les Français, de faire en sorte que chaque Français puisse se reconnaître dans ce qu'il dit et dans ce qu'il fait, la nécessité qu'aucun d'entre eux ne puisse douter de son impartialité, me font l'obligation morale de cesser d'exercer les fonctions de président de l'UMP » a déclaré Nicolas Sarkozy. Il a appelé l’UMP à être « une force de rassemblement et non une force d’exclusion », dotée d’une « capacité à s’ouvrir aux autres ». « Maintenant je me dois à la France » a affirmé avec solennité le président élu. Il a annoncé qu’il prendrait « dans les jours qui viennent des décisions importantes pour notre pays ». « Je le ferai dans un esprit de rassemblement, de justice et d’efficacité » a-t-il assuré. Et de conclure : « mon ambition est que chaque Français puisse se reconnaître dans les choix que j’assumerai. Mon rêve est de rendre à chacun la fierté de la France ».

Conformément aux statuts de notre mouvement, c’est donc à Jean-Claude Gaudin, président délégué qu’il revient désormais d’assurer l'intérim de la présidence de l'UMP, entouré de Pierre Méhaignerie, secrétaire général et de Brice Hortefeux, secrétaire général délégué. Jean-Pierre Raffarin a reçu la mission de conduire une réflexion sur un changement de nos statuts. Il sera chargé de « rassembler toutes les suggestions, propositions, initiatives pour une gouvernance nouvelle et moderne de l'UMP ». L’ancien Premier ministre a fait valoir que l'élection d'un nouveau président de l'UMP au suffrage universel des adhérents, comme le prévoient les statuts actuels, serait « source de confusion ». « Nous avons besoin d'être utiles à la France et non de nous disperser dans des compétitions internes » a-t-il dit. « L'ensemble des adhérents de l'UMP aura à se prononcer sur une évolution de nos statuts, au cours d'un congrès extraordinaire » qui « pourra être décentralisé » a expliqué l’ancien Premier ministre qui s’est engagé à remettre ses propositions « rapidement », « après avoir consulté les fondateurs (de l'UMP), ses responsables et ses forces vives ».

Parmi les orateurs qui se sont succédés à la tribune, François Fillon a rappelé qu’une « nouvelle campagne électorale commence » qui « exige une mobilisation totale ». « Sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, nous avons un double devoir que nous allons assumer» : « former une équipe gouvernementale resserrée et efficace » et « rassembler une majorité présidentielle » lors des élections législatives des 10 et 17 juin. « Je vous demande de délivrer à tous les Français un message d’unité et de confiance » a martelé le sénateur de la Sarthe qui a exprimé sa confiance dans « un pays qui a désormais tous les atouts en main pour écrire l’une des plus belles pages de son histoire ».

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Jeudi 17 mai 2007 4 17 /05 /2007 09:22
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Par Vincent PAULEZ

A la une

Allocution de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, à l'occasion de la cérémonie d'installation

Mesdames et Messieurs,


En ce jour où je prends officiellement mes fonctions de Président de la République française, je pense à la France, ce vieux pays qui a traversé tant d'épreuves et qui s'est toujours relevé, qui a toujours parlé pour tous les hommes et que j'ai désormais la lourde tâche de représenter aux yeux du monde.

Je pense à tous les Présidents de la Ve République qui m'ont précédé.
Je pense au Général De Gaulle qui sauva deux fois la République, qui rendit à la France sa souveraineté et à l'Etat sa dignité et son autorité.
Je pense à Georges Pompidou et à Valéry Giscard d'Estaing qui, chacun à leur manière, firent tant pour que la France entrât de plain-pied dans la modernité.
Je pense à François Mitterrand, qui sut préserver les institutions et incarner l'alternance politique à un moment où elle devenait nécessaire pour que la République soit à tous les Français.
Je pense à Jacques Chirac, qui pendant douze ans a œuvré pour la paix et fait rayonner dans le monde les valeurs universelles de la France. Je pense au rôle qui a été le sien pour faire prendre conscience à tous les hommes de l'imminence du désastre écologique et de la responsabilité de chacun d'entre eux envers les générations à venir.

Mais en cet instant si solennel, ma pensée va d'abord au peuple français qui est un grand peuple, qui a une grande histoire et qui s'est levé pour dire sa foi en la démocratie, pour dire qu'il ne voulait plus subir. Je pense au peuple français qui a toujours su surmonter les épreuves avec courage et trouver en lui la force de transformer le monde.
Je pense avec émotion à cette attente, à cette espérance, à ce besoin de croire à un avenir meilleur qui se sont exprimés si fortement durant la campagne qui vient de s'achever.
Je pense avec gravité au mandat que le peuple français m'a confié et à cette exigence si forte qu'il porte en lui et que je n'ai pas le droit de décevoir.
Exigence de rassembler les Français parce que la France n'est forte que lorsqu'elle est unie et qu'aujourd'hui elle a besoin d'être forte pour relever les défis auxquels elle est confrontée.
Exigence de respecter la parole donnée et de tenir les engagements parce que jamais la confiance n'a été aussi ébranlée, aussi fragile. Exigence morale parce que jamais la crise des valeurs n'a été aussi profonde, parce que jamais le besoin de retrouver des repères n'a été aussi fort.
Exigence de réhabiliter les valeurs du travail, de l'effort, du mérite, du respect, parce que ces valeurs sont le fondement de la dignité de la personne humaine et la condition du progrès social.
Exigence de tolérance et d'ouverture parce que jamais l'intolérance et le sectarisme n'ont été aussi destructeurs, parce que jamais il n'a été aussi nécessaire que toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté mettent en commun leurs talents, leurs intelligences, leurs idées pour imaginer l'avenir.
Exigence de changement parce que jamais l'immobilisme n'a été aussi dangereux pour la France que dans ce monde en pleine mutation où chacun s'efforce de changer plus vite que les autres, où tout retard peut être fatal et devient vite irrattrapable.
Exigence de sécurité et de protection parce qu'il n'a jamais été aussi nécessaire de lutter contre la peur de l'avenir et contre ce sentiment de vulnérabilité qui découragent l'initiative et la prise de risque.
Exigence d'ordre et d'autorité parce nous avons trop cédé au désordre et à la violence, qui sont d'abord préjudiciables aux plus vulnérables et aux plus humbles.
Exigence de résultat parce que les Français en ont assez que dans leur vie quotidienne rien ne s'améliore jamais, parce que les Français en ont assez que leur vie soit toujours plus lourde, toujours plus dure, parce que les Français en ont assez des sacrifices qu'on leur impose sans aucun résultat.
Exigence de justice parce que depuis bien longtemps autant de Français n'ont pas éprouvé un sentiment aussi fort d'injustice, ni le sentiment que les sacrifices n'étaient pas équitablement répartis, ni que les droits n'étaient pas égaux pour tous.
Exigence de rompre avec les comportements du passé, les habitudes de pensée et le conformisme intellectuel parce que jamais les problèmes à résoudre n'ont été aussi inédits.

Le peuple m'a confié un mandat. Je le remplirai. Je le remplirai scrupuleusement, avec la volonté d'être digne de la confiance que m'ont manifesté les Français.
Je défendrai l'indépendance et l'identité de la France.
Je veillerai au respect de l'autorité de l'Etat et à son impartialité.
Je m'efforcerai de construire une République fondée sur des droits réels et une démocratie irréprochable.
Je me battrai pour une Europe qui protège, pour l'union de la Méditerranée et pour le développement de l'Afrique.
Je ferai de la défense des droits de l'homme et de la lutte contre le réchauffement climatique les priorités de l'action diplomatique de la France dans le monde.

La tâche sera difficile et elle devra s'inscrire dans la durée.
Chacun d'entre vous à la place qui est la sienne dans l'Etat et chaque citoyen à celle qui est la sienne dans la société ont vocation à y contribuer.
Je veux dire ma conviction qu'au service de la France il n'y a pas de camp. Il n'y a que les bonnes volontés de ceux qui aiment leur pays. Il n'y a que les compétences, les idées et les convictions de ceux qui sont animés par la passion de l'intérêt général.
A tous ceux qui veulent servir leur pays, je dis que je suis prêt à travailler avec eux et que je ne leur demanderai pas de renier leurs convictions, de trahir leurs amitiés et d'oublier leur histoire. A eux de décider, en leur âme et conscience d'hommes libres, comment ils veulent servir la France.

Le 6 mai il n'y a eu qu'une seule victoire, celle de la France qui ne veut pas mourir, qui veut l'ordre mais qui veut aussi le mouvement, qui veut le progrès mais qui veut la fraternité, qui veut l'efficacité mais qui veut la justice, qui veut l'identité mais qui veut l'ouverture.
Le 6 mai il n'y a eu qu'un seul vainqueur, le peuple français qui ne veut pas renoncer, qui ne veut pas se laisser enfermer dans l'immobilisme et dans le conservatisme, qui ne veut plus que l'on décide à sa place, que l'on pense à sa place.
Eh bien, à cette France qui veut continuer à vivre, à ce peuple qui ne veut pas renoncer, qui méritent notre amour et notre respect, je veux dire ma détermination à ne pas les décevoir.

Vive la République !
Vive la France !

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Mardi 15 mai 2007 2 15 /05 /2007 20:04
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Par Vincent PAULEZ
 
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Discours de Nicolas SARKOZY

Maintenant je me dois à la France


Mes chers amis,

Je veux vous dire d’abord ma joie de vous retrouver aujourd’hui après cette campagne si longue, si rude, si passionnée, pour laquelle chacun d’entre vous a tout donné de lui-même, après cette victoire à laquelle chacun d’entre vous a eu sa part.
Sans vous rien n’aurait été possible.
Je veux vous dire merci, merci du fond du cœur, merci de votre confiance, merci de votre fidélité, merci de votre amitié.
Je me souviens avec émotion de ce jour de novembre 2004 où vous m’avez confié la responsabilité de rassembler notre famille politique et de la préparer au grand combat de la présidentielle. Ce jour-là vous m’avez fait confiance. Je ne l’oublierai jamais.
Je me souviens avec une plus grande émotion encore de ce jour, si important dans la vie d’un homme, où vous m’avez désigné pour être votre candidat à l’élection présidentielle. Ce fut l’un des plus grands honneurs que l’on m’ait jamais fait. Ce qui s’est passé ce jour-là, ce 14 janvier 2007, ce que j’ai ressenti face à cette foule immense qui tournait vers moi toutes ses pensées et qui me demandait de lui redonner l’espoir, je ne l’oublierai jamais.
Mais ce jour-là, ce qui m’a le plus touché, ce qui m’a peut-être le plus permis de gagner, c’est que vous tous, qui êtes mes amis, vous avez compris qu’à l’instant même où vous m’aviez désigné je cessais de vous appartenir.
Je vous ai demandé de me laisser libre d’aller vers ceux qui n’avaient jamais été mes amis et qui parfois m’avaient combattu, et vous m’avez laissé libre. Car chacun d’entre vous avait compris que le Président de la République devait être l’homme de la nation et non plus celui d’un parti.
Ce jour-là, vous avez été plus grands que jamais. Vous avez accepté que je me place au-dessus des clivages et des partis et que je parle à tous les Français pour pouvoir parler un jour en leur nom à tous.
Peut-être parce que vous saviez que je ne vous trahirais pas, que je resterais fidèle aux valeurs de la droite républicaine qui nous unissent et au nom desquelles depuis tant d’années nous nous battons.
Ces valeurs, je les ai portées durant toute la campagne. C’est autour d’elles que j’ai voulu rassembler les Français. Et pour la première fois depuis bien longtemps elles ont été au centre du débat politique.
Une majorité silencieuse s’est reconnue dans ces valeurs et s’est levée.
Les Français attendaient depuis longtemps qu’on leur parlât à nouveau de la nation, de la République, du sens de l’Etat, du travail, du mérite, de l’autorité, du respect, de la morale.
Ils attendaient qu’on leur tînt à la fois le langage de l’ordre et celui de l’effort.
Mais ils voulaient aussi le mouvement, c’est-à-dire le progrès et la justice. Ils voulaient aussi la fraternité, c’est-à-dire la compréhension, le respect et la solidarité.
La nation, le travail, l’ordre, la gauche s’en était éloignée.
Le mouvement et la fraternité, la droite les avait négligés.
J’ai voulu que la droite républicaine cessât d’avoir honte de ses valeurs, qui sont des valeurs de tolérance, de dignité, d’humanisme.
Mais j’ai voulu aussi qu’elle élargisse le socle de ses valeurs à des valeurs universelles dont il n’y avait aucune raison que la gauche s’arrogeât le monopole.
J’ai voulu dépasser les vieux clivages idéologiques qui n’avaient plus de sens.
J’ai voulu privilégier les convictions sur les étiquettes.
J’ai voulu que l’ouverture d’esprit l’emportât sur le sectarisme et l’esprit partisan.

C’est sur ces principes de tolérance et d’ouverture que s’est construite la majorité présidentielle du 6 mai.
C’est sur ces principes de tolérance et d’ouverture que je veux construire le gouvernement qui conduira la politique souhaitée par les Français.
C’est sur ces principes de tolérance et d’ouverture que doit se construire maintenant la majorité législative.
Cette majorité, c’est autour de vous qu’elle doit s’organiser. C’est à vous de la faire émerger.
Cette majorité, elle est nécessaire pour remplir le mandat que le peuple français m’a confié.
C’est vous dire à quel point votre énergie, votre force de conviction seront décisives pour le succès de nos idées, de nos valeurs.
Mais je vous demande d’être une force de rassemblement et non une force d’exclusion.
La capacité à s’ouvrir aux autres, à ceux qui ont un autre parcours, une autre histoire, une autre sensibilité, elle est le privilège de ceux qui n’ont pas peur d’aller vers les autres, qui n’ont pas peur des idées différentes parce qu’ils se sentent assurés dans leurs convictions, parce qu’ils se sentent assez solides pour ne pas avoir peur de perdre leur âme.
L’ouverture c’est la caractéristique des âmes fortes. J’ai confiance en vous. Je vous connais bien, cela fait si longtemps que nous nous battons ensemble. Je sais que vous vous battrez comme vous l’avez toujours fait avec votre courage, avec votre cœur, avec votre intelligence. Je sais combien vous aimez profondément la France, combien pour vous la fierté d’être Français et le désir de servir votre pays sont plus importants en politique que tout le reste.
Je sais que vous ferez tout pour rassembler les Français le plus largement possible. Je sais que vous ferez tout pour susciter un élan populaire si puissant qu’il permettra de balayer tous les conservatismes, tous les corporatismes, qu’il permettra de balayer la pensée unique et de changer la France en profondeur pour la remettre en mouvement.
Je vous demande une fois de plus de vous mobiliser. La France a besoin de vous. Et moi aussi j’ai besoin de vous.

Le moment venu, comme l’on fait tous mes prédécesseurs, je dirai aux Français les enjeux de ce scrutin. Mais au moment où je viens d’être élu Président de la République et à la veille de prendre mes fonctions je ne puis demeurer à votre tête.
La haute idée que je me fais de la fonction présidentielle dont je sais que vous la partagez, la nécessité pour le Président de la République d’incarner l’autorité de l’Etat, de parler pour tous les Français de faire en sorte que chaque Français puisse se reconnaître dans ce qu’il dit et dans ce qu’il fait, la nécessité qu’aucun d’entre eux ne puisse douter de son impartialité me font l’obligation morale de cesser d’exercer les fonctions de Président de l’UMP.

Cette décision, je la prends par devoir. Je me suis tant battu à vos côtés j’ai tant vécu avec vous de joies et de peines, j’ai tant tissé avec vous de liens d’amitié et d’affection, qu’à l’instant de vous dire au revoir, la tristesse de vous quitter se mêle à la joie d’avoir contribué à faire triompher nos idées. C’est une page de ma vie qui se tourne. Maintenant je me dois à la France. Tout ce que je ferai pour elle, je le ferai dans la fidélité à tout ce que nous avons voulu ensemble, à tout ce que nous avons fait ensemble.
Je ne vous ai jamais trahis, jamais trompés. Demain je ne vous trahirai pas, je ne vous tromperai pas.
Et maintenant je ne souhaite qu’une chose : rester toujours digne de votre confiance.

Je vais dans les jours qui viennent prendre des décisions importantes pour notre pays. Je le ferai dans un esprit de rassemblement, de justice et d’efficacité. Ma mission est de servir l’intérêt général. Que nul ne doute que je la mènerai. Mon ambition est que chaque Français puisse se reconnaître dans les choix que j’assumerai. Mon rêve est de rendre à chacun la fierté de la France.

Mes chers amis, mon devoir est de vous quitter. Cela me déchire le cœur. Je le fais parce que c’est la seule façon de bien servir la France.

Nicolas SARKOZY
Conseil National de l’UMP
Hôtel Méridien Montparnasse – Paris
Lundi 14 mai 2007

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Mardi 15 mai 2007 2 15 /05 /2007 08:51
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Par Vincent PAULEZ

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Mardi 15 mai 2007 2 15 /05 /2007 08:20
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Par Vincent PAULEZ

Au contact des habitants de St Marcel

Sylvie CARREGA, élue du secteur, est venue soutenir Valérie BOYER !

M'Hamed DJABBOUR, militant de longue date, à l'initiative de cette rencontre avec les habitants de St Marcel !

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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /2007 16:25
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Par Vincent PAULEZ

Jean-Claude GAUDIN et Renaud MUSELIER sont venus soutenir Valérie BOYER qui est bien partie pour gagner cette circonscription contre Christophe MASSE, une circo remportée par Nicolas SARKOZY lors des dernières élections présidentielles !

Michel BOURGAT suppléant de Valérie BOYER dans la 8e Circo

Roland BLUM très décontracté ce samedi matin est venu encourager Valérie BOYER !

Valérie BOYER prononçant son discours de lancement de campagne devant une assistance venue très nombreuse !

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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 09:12
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Par Vincent PAULEZ

Les Français sont majoritairement "pas choqués" par le séjour de Nicolas Sarkozy à Malte entre lundi et mercredi, selon deux sondages CSA et Opinionway rendus publics jeudi.

D'après une enquête CSA-Cisco pour i-Télé, 65% des Français contre 31% se disent "pas choqués" par la nuit de dimanche passée par Nicolas Sarkozy et sa famille au Fouquet's, suivie d'un vol en jet privé appartenant à l'homme d'affaires Vincent Bolloré vers Malte et du séjour du président élu à bord d'un yacht appartenant au même.

D'après l'enquête Opinionway à paraître ce vendredi dans Le Figaro, et qui sera diffusée sur LCI, 58% considèrent "les conditions de ce séjour à Malte pas choquantes", 42% les jugeant choquantes.

Sondage CSA-Cisco réalisé par téléphone le 9 mai auprès d'un échantillon représentatif de 1007 personnes âgées de 18 ans et plus et sondage Opinionway en ligne des 9 et 10 mai auprès d'un échantillon de 1114 individus âgés de plus de 18 ans (méthode des quotas). Notices détaillées disponibles à la commission des sondages.

© 2007 AFP

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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 07:10
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Par Vincent PAULEZ

Arrivée très applaudie de Renaud Muselier !

Arrivée triomphale de Bruno Gilles !

Entrée chaleureuse de Jean-Claude Gaudin !

 

 

 

Le discours fût rempli d'émotion ! Duo de choc pour la 5e Circo !

Renaud Muselier a longuement remercié Bruno Gilles et a félicité le travail accompli  !

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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /2007 13:09
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Par Vincent PAULEZ

Après l'avoir attendu plus de 15 ans, Nicolas SARKOZY est devenu ce dimanche 6 mai 2007 le 6e Président de la Ve République !

Lorsqu'en 1995, j'ai voté pour Edouard BALLADUR, je votais déjà pour Nicolas SARKOZY !

Au début des années 90, quand sa popularité a commencé à prendre de l'importance, il est apparu comme une évidence qu'il était le seul homme politique français capable de contrer l'hypocrisie socialiste et la pensée unique !

Aujourd'hui, après de nombreuses années de travail et de combat, il va pouvoir mettre en place un programme tant préparé par l'ensemble des responsables et militants UMP !...

 

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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /2007 12:20
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Par Vincent PAULEZ
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /2007 12:08
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Par Vincent PAULEZ
Mes chers compatriotes,

En m’adressant à vous ce soir, dans ce moment qui est, chacun le comprend, exceptionnel dans la vie d’un homme, je ressens une immense émotion.

J’éprouve depuis mon plus jeune âge la fierté indicible d’appartenir à une grande, vieille et belle nation, la France. Je l’aime comme on aime les êtres chers qui nous ont tout donné. Maintenant c’est à mon tour de tout lui donner.

Ce soir ma pensée va aux millions de Français qui aujourd’hui m’ont témoigné leur confiance. Je veux leur dire qu’ils m’ont fait le plus grand honneur qui soit à mes yeux en me jugeant. digne de présider aux destinées de la France.

Ma pensée va à tous ceux qui m’ont accompagné dans cette campagne. Je veux leur dire ma gratitude et mon affection.


Ma pensée va à Madame Royal. Je veux lui dire que j’ai du respect pour elle et pour ses idées dans lesquelles tant de Français se sont reconnus.

Ma pensée va à tous les Français qui n’ont pas voté pour moi. Je veux leur dire que par-delà le combat politique, par-delà les divergences d’opinions, il n’y a pour moi qu’une seule France.

Je veux leur dire que je serai le Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d’entre eux. Je veux leur dire que ce soir, ce n’est pas la victoire d’une France contre une autre. Il n’y a pour moi ce soir qu’une seule victoire, celle de la démocratie, celle des valeurs qui nous unissent, celle de l’idéal qui nous rassemble. Ma priorité sera de tout mettre en œuvre pour que les Français aient toujours envie de se parler, de se comprendre, de travailler ensemble.

Le peuple français s’est exprimé. Il a choisi de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé. Je veux réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d’être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres.

Le peuple français a choisi le changement. Ce changement je le mettrai en œuvre parce que c’est le mandat que j’ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. Mais je le ferai avec tous les Français. Je le ferai dans un esprit d’union et de fraternité. Je le ferai sans que personne n’ait le sentiment d’être exclu, d’être laissé pour compte. Je le ferai avec la volonté que chacun puisse trouver sa place dans notre République, que chacun s’y sente reconnu et respecté dans sa dignité de citoyen et dans sa dignité d’homme. Tous ceux que la vie a brisés, ceux que la vie a usés doivent savoir qu’ils ne seront pas abandonnés, qu’ils seront aidés, qu’ils seront secourus. Ceux qui ont le sentiment que quoi qu’ils fassent ils ne pourront pas s’en sortir doivent être sûrs qu’ils ne seront pas laissés de côté et qu’ils auront les mêmes chances que les autres.

J’appelle tous les Français par-delà leurs partis, leurs croyances, leurs origines, à s’unir à moi pour que la France se remette en mouvement.

J’appelle chacun à ne pas se laisser enfermer dans l’intolérance et dans le sectarisme, mais à s’ouvrir aux autres, à ceux qui ont des idées différentes, à ceux qui ont d’autres convictions.

Je veux lancer un appel à nos partenaires européens, auxquels notre destin est lié, pour leur dire que toute ma vie j’ai été européen, que je crois en la construction européenne et que ce soir la France est de retour en Europe. Mais je les conjure d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je les conjure de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l’Union Européenne non comme une protection mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde.

Je veux lancer un appel à nos amis Américains pour leur dire qu’ils peuvent compter sur notre amitié qui s’est forgée dans les tragédies de l’Histoire que nous avons affrontées ensemble. Je veux leur dire que la France sera toujours à leurs côtés quand ils auront besoin d’elle. Mais je veux leur dire aussi que l’amitié c’est accepter que ses amis puissent penser différemment, et qu’une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique, mais au contraire d’en prendre la tête parce que ce qui est en jeu c’est le sort de l’humanité tout entière.

Je veux lancer un appel à tous les peuples de la Méditerranée pour leur dire que c’est en Méditerranée que tout se joue, et que nous devons surmonter toutes les haines pour laisser la place à un grand rêve de paix et de civilisation. Je veux leur dire que le temps est venu de bâtir ensemble une Union Méditerranéenne qui sera un trait d’union entre l’Europe et l’Afrique.

Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix. Je veux leur dire que nous déciderons ensemble d’une politique d’immigration maîtrisée et d’une politique de développement ambitieuse.

Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle.

Mes chers compatriotes, nous allons écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire. Je suis sûr qu’elle sera grande et belle, et du fond du cœur ce soir je vous dis :

Vive la République !

Vive la France !

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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 23:22
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Par Vincent PAULEZ

Pourquoi je m'engage


A présent que les deux candidats restant en lice sont connus, j'ai décidé de m'engager en faveur de Nicolas Sarkozy.

Depuis deux mois, je ne participe plus directement à la campagne présidentielle.Il m'a donc été possible de suivre avec intérêt l'évolution de la campagne de Ségolène Royal.J'y ai trouvé la confirmation de mes désaccords de fond et de mes craintes.

J'ai retrouvé, à propos du « contrat première chance », le cycle improvisation-dénigration-édulcoration-évacuation qui a scellé le sort de toutes les propositions plus ou moins « audacieuses » de la candidate et qui aboutit à ce que sur nombre de sujets (35 heures, impôt sur le revenu, financement de la protection sociale, énergie et nucléaire, jurys-citoyens) personne ne sache quelle est exactement sa position. J'ai constaté l'exacerbation d'une personnalisation du pouvoir drapée dans les atours de la « démocratie participative » dont l'affiche « la France présidente » aura été une caricature.
J'ai vérifié l'absence du plus élémentaire sens de la gestion des ressources humaines au travers du traitement choquant infligé à plusieurs des principaux dirigeants du parti socialiste.
J'ai vu le détournement de la cause féministe à des fins personnelles doublé d'une prétention à la transformation de la politique par la grâce de l'élection d'une seule personne (« je suis une femme et avec moi la politique ne sera plus jamais comme avant »).
J'ai eu confirmation d'une incapacité à proposer une stratégie économique et sociale réformatrice, les propositions parfois redondantes, parfois contradictoires, ne s'inscrivant pas dans une vision clairement définie.
J'ai constaté une rupture avec l'alliance historique entre le progrès technique et le progrès social, la candidate du parti socialiste craignant plus les « dégâts du progrès » que les bienfaits d'un progrès maîtrisé.

Dans cette campagne, Ségolène Royal a fait montre de deux qualités incontestables : la combativité et le sens de la communication.
Mais elle a renoncé à toute pédagogie de la réforme, jamais explicité les termes du « donnant-donnant » qu'elle revendique.
Faute de ce courage pédagogique, le flou des propositions ne manquerait pas, confronté aux exigences de l'action, de se transformer en immobilisme fatal.

Dans ces conditions, je pouvais, comme je l'avais imaginé dans un premier temps, me contenter de voter « contre » Ségolène Royal. Mais j'ai évolué. Et j'ai notamment été sensible aux centaines de messages reçus après la publication de mon livre considérant qu'il n'était pas logique qu'un élu ne prenne pas position et me demandant d'expliciter mon choix.

J'ai donc décidé de m'engager et de voter pour Nicolas Sarkozy.

Des deux candidats, je crois qu'il est à la fois le mieux préparé et le plus qualifié.
Je ne partage pas nécessairement toutes ses analyses et toutes ses propositions.
Mais je partage son diagnostic sur la nécessité d'une action déterminée et de réformes vigoureuses afin de rétablir le rayonnement de la France, l'ordre républicain, la compétitivité de notre économie et les protections sociales qui lui sont liées.

Dans la lettre qu'il m'a adressée le 18 avril et que l'on trouvera en annexe, Nicolas Sarkozy évoque ainsi les points de convergence entre nous : « Au-delà de nos différences, légitimes et nécessaires en démocratie, je sais que nous partageons plusieurs valeurs essentielles et une analyse commune des outils nécessaires pour donner à notre pays un nouvel élan : une croissance dopée à la fois par un effort de recherche et d'innovation, une politique d'éducation et de formation ambitieuse, la sécurisation des parcours professionnels, une politique industrielle volontariste fondée sur une politique énergétique qui garantisse l'indépendance de notre pays et favorise la production de richesses   » .
Je me retrouve dans l'énoncé de ces priorités.

L'homme de gauche, le progressiste que je suis va donc voter pour un homme de droite. Je l'assume car je suis convaincu qu'il s'agit là de l'intérêt du pays. Mais je ne rejoins pas pour autant le parti dont il est issu, l'UMP.

En m'engageant à ses côtés, je dénoncerai la tentative pensée et délibérée de « diabolisation » du candidat Nicolas Sarkozy. Pour y avoir moi-même contribué, je connais les rouages et motivations de cette stratégie, d'abord dictée par la crainte de ne pouvoir lui disputer loyalement la crédibilité, l'expérience et le goût de l'action.

Ce soir, Nicolas Sarkozy a trouvé les mots pour appeler au rassemblement républicain.

J'essaierai d'y apporter ma contribution.

Source : site internet d'Eric Besson http://www.ericbesson.fr/

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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 23:13
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Par Vincent PAULEZ
Interviews
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Je ne décevrai pas

Les auditeurs d’Europe 1 ne pourront pas entendre ici S. Royal, en dépit d’invitations multiples et insistantes elle n’a pas souhaité venir s’exprimer, c’est dommage, et je le regrette pour les auditeurs. Elle a donc délégué J.-L. Bianco pour la représenter, le pluralisme, l’égalité, l’impartialité sont respectés. N. Sarkozy, bonjour. Vous, vous êtes là ! La bataille a été longue et rude, voici donc, c’est vrai, le dernier jour et les dernières heures. Quel est chez vous, personnellement, profondément, le sentiment qui prévaut ?
Ecoutez, je suis concentré parce que rien n’est joué, rien n’est gagné et que la campagne, elle se termine ce soir, mais en vérité elle se termine dimanche à 20 h, lorsqu’on aura les résultats, et en même temps une certaine forme de gravité parce qu’on ne se lance pas dans une campagne présidentielle à la légère, j’ai beaucoup réfléchi, j’ai beaucoup travaillé, et je mesure, si les Français, me font confiance, le poids des responsabilités qui pèseront sur mes épaules, et je ne veux pas décevoir, je ne décevrai pas.

A votre place, ce matin, est-ce que vous sentez le parfum de la victoire ou malgré tout un risque de défaite ?
Non, je ne suis pas comme ça, curieusement je ne dis pas, "je vais gagner" ou "je vais perdre", je me dis, "reste concentré, fais ton travail le mieux possible et attends sereinement le choix des Français".

Alors, la presse continue ce matin à commenter le face à face de mercredi avec S. Royal. La presse est encore surprise de la dureté de la confrontation. Vous vous efforciez apparemment de sourire même quand vous accusiez les coups de votre pugnace concurrente et en particulier à propos du nucléaire et de l’intégration des enfants handicapés. Est-ce que ça ne vous a pas trop coûté ?
Non, non, non, pourquoi voulez-vous que je sois gêné ? Madame Royal a choisi d’être agressive, c’est son choix, c’est un choix que je respecte. Je pense qu’elle a tort, car la France est un pays où il y a beaucoup d’énergie, il faut donc le diriger, le représenter, l’incarner de façon tolérante, ouverte et respectueuse, mais bon, j’imagine que ses conseillers lui ont dit qu’il fallait être très agressive. De ce point de vue-là, elle a réussi son débat, elle a été très très agressive.

Oui, mais de votre part, cette distance, est-ce que c’était un choix tactique ou un signe ou un des signes de votre vrai tempérament ?
Mais vous savez, je suis quelqu’un qui ne dissimule pas, je suis quelqu’un qui ne ment pas, je suis comme je suis, mon authenticité elle est là, et donc j’ai fait ce débat comme je suis dans la vie, c’est-à-dire que je l’ai fait de façon déterminée, calme, respectueuse des autres. Cela fait cinq mois que je suis en campagne tous les jours, à aucun moment je n’ai insulté mes concurrents. Chaque jour j’ai été moi-même injurié, ils ont pensé que c’était utile de faire ça, je crois que c’est une méconnaissance de l’état d’esprit de la République française.

Oui, mais, il y a de votre part une volonté d’apaisement, peut-être parce que vous sentez que les choses, ou le vent tourne pour vous. Mais, par exemple, ce matin, dans une interview au Parisien, madame Royal dit que vous imitez G. Bush dans une "technique du compassionnel conservateur", on pleure sur les gens, on utilise les faits divers, et puis quand on est aux responsabilités on n’agit pas pour le présent, mais on promet pour demain. Et puis d’autre part, à l’instant, elle vient de dire qu’il faut "condamner le système Sarkozy et que voter pour vous c’est un choix dangereux et un risque pour le pays".
Eh ben, elle n’était pas de bonne humeur ce matin ! Ca doit être les sondages, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Il n’a rien à répondre à ça, c’est tellement outrancier. Je suis sûr que madame Royal est quelqu’un qui vaut mieux que ce qu’elle vient de dire, comme elle doit sentir que le sol se dérobe sous ses pieds, c’est un phénomène bien classique, elle se tend, elle se raidit, pour le coup elle montre sa vraie nature. Je suis un peu désolé pour elle, mais je n’ai pas l’intention de rentrer dans un combat de rue et je n’ai pas l’intention d’ailleurs de me justifier d’attaques aussi outrancières, après tout si elle l’a dit c’est peut-être même qu’elle le pense, mais elle ne commence pas bien sa journée.

A Montpellier, vous vous êtes adressé, vous avez dit, au peuple qui va parler à nouveau dimanche, qui a une longue histoire et vous avez promis de mettre la France en mouvement. Est-ce que vous pourriez, si vous êtes élu, ou vous pourrez le faire sans secousse, sans choc pour les faibles et les précaires ? Comment accélérer le mouvement sans risquer des embardées ?
Mais c’est au contraire le conservatisme, l’immobilisme, le refus de décider qui posait problème aux plus démunis et aux plus fragiles. Racontez ce qui se passe dans le monde, regardez ce qui se passe en Europe, il y a dix pays en Europe qui ont le plein emploi, est-ce que la France ne peut pas avoir le plein emploi ? Je m’engage sur le plein emploi. Les dix pays qui ont le plein emploi en Europe, aucun n’a choisi les 35 h, aucun n’a choisi le partage du temps de travail. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Est-ce qu’il vaut mieux avoir 4 % de chômeurs comme les Irlandais, comme les Autrichiens, comme les Suédois, comme les Danois, comme les Anglais et tant d’autres, ou est-ce qu’il faut avoir le double ? Je suis partisan d’une République où il y a des droits, bien sûr, et je les préserverai, et je les garantirai, mais aussi où il y a des devoirs. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ce n’est pas admissible qu’il y ait des assistés qui puissent gagner plus qu’un travailleur ; ce n’est pas admissible dans un pays où il y a 500 000 offres d’emploi non satisfaites qu’on puisse refuser autant de fois qu’on le souhaite, une offre d’emploi qui correspond à ses qualifications ; ce n’est pas admissible que lorsqu’on bénéficie d’un minima social, on ne soit pas obligé en contrepartie de cette solidarité d’exercer une activité minimale.

Et quand vous dites ça dans les meeting, ceux que vous appelez "le peuple" applaudit, et d’ailleurs quand vous dites "le peuple", on peut dire le peuple sans frôler le populisme, justement en disant le peuple et la démocratie, et est-ce qu’il y a un peuple de droite, de gauche, ou le peuple ?
Alors, ça c’est formidable, alors, voilà, on fait le résumé, je parle de Nation, je suis nationaliste, je parle de l’immigration, je suis raciste, je parle de la protection, je suis protectionniste, je parle du peuple, je suis populiste. Alors, on ne parle de rien ! Non mais parlons de rien et dans ce cas-là ne vous étonnez pas qu’il y ait pendant tant d’années un Français sur deux qui ne vote pas et le quart des Français qui votent pour l’extrême.

Et comment vous définissez...
C’est très important. Le premier tour des élections, là, était fantastique, la démocratie française est de retour, 85 % de votants, mais si vous ne parlez de rien, je suis désolé, moi, oui, je peux parler au peuple français. C’est qui le peuple français ? C’est les 44 millions d’électeurs, les 64 millions de Français, je ne parle pas pour un petit carré, ici, à Paris, je parle même pas pour les journalistes, je ne parle pas pour la pensée unique, tous ceux qui a chaque... regardez, c’est fantastique, dix minutes après le débat avec madame Royal, tous les éditorialistes expliquaient comment elle avait été extraordinaire et gagné le débat, très bien. Le lendemain, tous les sondages disent le contraire, décalage phénoménal.

Donc, vous n’écoutez pas... ...
mais, moi j’essaie d’écouter, mais peut-être que je peux dire à la pensée unique, à tous ceux qui sont tellement persuadés qu’ils parlent au nom des Français, "regardez ce qu’est la France". Quand j’ai parlé d’identité, tout le monde m’est tombé dessus, mon dieu, qu’avais-je fait ? Oui, j’ai dit, la France ce n’est pas une race, ce n’est pas une ethnie, c’est une communauté de valeurs, et on ne négociera pas ces valeurs et si on veut venir en France il faut les respecter. J’ai eu l’impression que j’étais...Libération, il faut dire que les titres ridicules de Libération, de ce côté-là on a été gâté, mais Libération dit, "Pire que Le Pen", ah bon ? Pire que Le Pen, mon dieu ! Mais moi je me dis, pourquoi une certaine gauche considère-t-elle toujours que quand on ne pense pas comme eux on est illégitime ? Moi, je respecte les autres.

Séduisez-là ! Si vous pouvez, séduisez-là.
Mais séduire qui ? Attendez, attendez, séduire qui ? Enfin, moi, je respecte les idées des autres mais je me demande bien pourquoi une certaine gauche n’a toujours pas compris qu’elle n’était pas détentrice du bien contre le mal, qu’elle n’était pas détentrice de la bonne conscience, il y a des gens qui souffrent. Quand je vais dans les usines, j’y ai été quasiment tous les jours, et que je dis aux ouvriers, "à quoi ça sert les RTT quand on n’a pas de quoi payer des vacances à ses enfants ?", ils comprennent. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ils comprennent. Bon, alors, on devrait se réjouir de ce qui s’est passé, eh bien non, ça recommence, alors voilà.

Alors, est-ce que je peux vous demander ceci, sous la Ve République le président de la République a des pouvoirs considérables quand il est élu. Si c’est vous, quels seraient les contre-pouvoirs ? Comment éviter la concentration des pouvoirs ?
Attendez, première chose, je renforcerai les pouvoirs du Parlement qui n’a pas assez, me semble-t-il, les moyens d’exercer ses responsabilités. Deuxième chose, je construirai une République irréprochable, notamment sur les nominations en demandant la ratification des commissions compétentes pour les nominations les plus importantes. Et puis, surtout, je veux être un président de la République, si les Français me font confiance, qui s’engage sur des résultats. Je dis des choses avant l’élection, je les ferai après, mais je veux être jugé sur des résultats. Je rendrai des comptes, je m’expliquerai dans des conférences de presse, je ne me dissimulerai pas, je ne me cacherai pas derrière d’autres. Je donnerai une lettre de mission à chaque ministre et je lui demanderai chaque année de rendre des comptes que ce qu’il a fait par rapport aux objectifs qui étaient les siens. Je veux mettre dans la politique française de l’évaluation, du résultat, de la responsabilité.

D’accord, ça c’est auprès de ceux qui sont avec vous et vis-à-vis de ceux qui vous auront élu, mais est-ce que vous tiendrez compte de l’opposition, des minorités, est-ce que vous saurez, si c’est vous, écouter ceux qui ne seront pas ou ne seraient pas de votre avis ?
Mais bien sûr, mais enfin, quand on rassemble sur son nom, au premier tour, 11,5 millions de Français, c’est peut-être qu’on sait écouter, ce n’est pas un hasard. J’aimerais qu’on respecte ces 11,5 millions de Français. Je ferai un statut pour l’opposition. Bien sûr que le dialogue est important, mais je voyais les déclarations de monsieur Thibault, leader de la CGT, c’est un homme que je respecte, mais c’est extraordinaire, ah, il dit, attention, moi je suis contre le service minimum. Ah bon ! Mais si les Français votent pour moi, et moi j’ai dit il y aura le service minimum, il n’y a aucune raison que les jours de grève les Français soient pris en otages, mais si monsieur Thibault a des idées, il n’a qu’à se présenter aux élections. Mais, je ne vais pas, avant même d’être élu, dire, ah, écoutez, ça ne plait pas à la CGT, donc on ne fait rien. Mais ça fait des années qu’on attend le doigt sur la couture du pantalon. Si on doit attendre que tout le monde soit d’accord pour avancer, eh bien on va faire un pays qui va vieillir, on va faire un pays qui ne sera plus le pays de la création, de l’innovation. Moi, je veux faire de la France un pays jeune, où ça bouge.

On va voir, on va voir, on attend d’ici à dimanche. ...
Où ça change, on va créer des richesses, où chacun aura sa chance, où la promotion sociale ça sera la règle et non pas le nivellement. Quand je parle de l’école, là aussi, j’ai vu que les... j’ai vu qu’un monsieur s’était donné le ridicule, mais le ridicule, de me comparer à Pétain, enfin vraiment, parce que j’avais dit que l’idéologie de 68 dans l’éducation avait été une catastrophe. Mais, rendez-vous compte de ce que ça représente d’intolérance, de sectarisme, d’absurdité. Qu’est-ce que je dis ? C’est une erreur de ne pas avoir de notes, c’est une erreur de ne pas avoir de classement, c’est une erreur de ne pas avoir de hiérarchie, c’est une erreur de ne pas avoir de respect, c’est une erreur de ne pas avoir d’autorité, c’est une erreur d’expliquer à nos enfants que "Harry Potter" ça vaut les grands auteurs français. J’aime beaucoup "Harry Potter", il n’y a pas de problèmes, mais il n’y a pas que ça dans la vie. C’est une erreur de ne plus apprendre la poésie, c’est une erreur de ne plus mettre V. Hugo, c’est une erreur de tirer tout le monde vers le bas, de faire du nivellement et de l’égalitarisme. L’école de la République c’est l’école, me semble-t-il, de l’exigence. C’est une erreur de ne pas sanctionner la première faute. Je sais bien qu’un jeune se construit en transgressant, mais s’il n’y a plus de règles qu’est-ce qu’il transgresse ?

Alors, il y en a un qui a, ou qui aurait pu, ou qui a, peut-être, qui transgresse...
en tout cas dire, je dis "j’aime la France", et on me dit "allez bonjour monsieur Pétain", ah bon, est-ce que cette personne qui a dit ça... ... oui mais alors, la République manière Sarkozy qu’est-ce que c’est ?
... est-ce que cette personne qui a dit ça...

...la République Sarkozy qu’est-ce que c’est ?

... connaît l’histoire de France ?

Qu’est-ce que c’est la République Sarkozy ?

Quand je pense que J.-M. Le Pen, J.-M. Le Pen, m’a indiqué qu’il fallait que je sois candidat en Hongrie parce que je n’avais pas deux grands-parents français, qui était le statut de 1940, mais, je me dis parfois que les Français ont énormément de bon sens que de passer au-dessus de déclarations aussi intolérantes.

Alors, on avance parce qu’il y a dix minutes encore. F. Bayrou a annoncé que dimanche il ne votera pas pour vous. Un, est-ce que vous êtes surpris ? Deuxièmement, il n’a pas encore dit s’il votera pour S. Royal ou s’il choisira une autre solution, mais S. Royal a déjà promis à Lille...
... mais il n’y en a pas beaucoup d’autres.

... à Lille, que dans le cas de son élection elle travaillerait avec "le centre, en général avec F. Bayrou". D’abord, avec quels arguments, vous, vous pensez convaincre les centristes d’aller voter et de voter éventuellement pour Sarkozy ?
Regardez ce qui se passe, la totalité des élus de l’UDF m’ont rejoint, et c’est tout à fait normal d’ailleurs.

Ils vont être vampirisés ceux-là ?
Non ! Attendez, c’est tout à fait normal, ça ne tient rien à mes qualités, tout à mon projet. Ils ont fait campagne, les centristes, sur le thème il faut réduire prioritairement l’endettement, bon. S. Royal propose plus de dépenses et aucune mesure d’économie. Ensuite, les centristes ont fait campagne en disant qu’il faut régler le problème des 35 h, ça ne peut pas continuer ainsi, S. Royal fait campagne sur les 35 h dans toutes les entreprises, y compris les petites et moyennes.

Et on a appris mercredi, que c’est si les partenaires sociaux le veulent.

Oui, d’accord, très bien, mais comme ils le voudront, bon. Alors, voilà, tous les sondages, toutes les études que vous commandez vous-mêmes montrent que les électeurs centristes maintenant majoritairement me choisissent. Mais quel est le problème ? Il faut que madame Royal, elle, elle assume, elle ne peut pas un jour confier une mission à J. Bové, l’autre saluer A. Laguiller, et le troisième expliquer aux Français qu’elle va gouverner avec F. Bayrou. Moi, vous savez, si les Français me font confiance, j’aurais une majorité avec l’UMP, avec le centre, et tous les élus et les électeurs du centre, auront leur place dans cette majorité, ils s’organiseront comme ils l’entendent et je souhaite un pôle de gauche dans la nouvelle majorité présidentielle parce qu’il y a beaucoup de femmes et d’hommes de gauche qui me rejoignent sur une idée qui est assez simple, c’est que la gauche c’est le mouvement, et ils ont parfaitement compris que moi je ne suis pas un conservateur, je ne suis pas immobile, je ne veux pas m’incliner devant les corporatismes. Cela fait trop longtemps qu’en France on dit, "voilà ce qu’il faut faire" et on ne le fait pas. Si vous votez pour moi, je vous garantis qu’on le fera tranquillement pour obtenir le plein emploi, pour résoudre ce problème essentiel du pouvoir d’achat quand même, les salaires sont trop bas, la vie est trop chère, les charges et les impôts sont trop lourds, d’autres l’ont résolu. Pourquoi on ne le ferait pas ?

Est-ce que vous allez vous engager si vous êtes élu, toujours si vous êtes élu, dans la bataille pour les législatives ? Est-ce que vous serez un président de la République distant, qui laissera les siens aller au combat ou qui mènera la bataille des législatives pour avoir une majorité ?
85 % de participation au premier tour, j’espère plus de 80 % au deuxième tour. Si j’étais élu sur mon projet, je vais dire aux Français, ah vous avez voté pour moi, maintenant que le travail est terminé je vais me reposer ? Ce n’est pas conception de la présidence de la République. Je m’engagerai fortement. J’ai dit aux Français, je dirai tout avant l’élection parce que je ferai tout après. Mais je m’engagerai dans la bataille des législatives pour une raison simple, c’est que si je n’ai pas une majorité au Parlement, si les Français me faisaient confiance, il faut que j’aie une majorité, sinon on ne peut pas mettre en oeuvre ce qu’on a dit.

Une grande majorité ? Parce que F. Mitterrand, je ne sais pas si vous vous en souvenez, il disait que quand elle massive la majorité, c’est inconfortable, incommode et même encombrant".

Mais je n’ai pas gagné la présidentielle et vous me demandez déjà si c’est difficile de gagner les législatives.

... parce que vous venez de dire vous conduirez le combat des législatives. Mais vous ne m’avez pas répondu, si vous le permettez, à la question sur F. Bayrou. Est-ce que sa position vous a surpris ?
Oh ben, compte tenu de ce qu’il dit, au fond, qui est assez peu aimable sur moi depuis le début de la campagne, voilà... c’était assez logique de sa part, mais il s’est mis dans une impasse parce que c’est quand même difficile de dire aux Français, écoutez, vous ne m’avez pas choisi au deuxième tour, votre choix est très mauvais, les deux que vous avez choisis, S. Royal et N. Sarkozy, ne sont pas à la hauteur. C’est quand même rare, dans une finale de la Coupe du monde que le troisième reste sur le terrain pour exiger de jouer à la place du premier ou de second. Comment dit-on ? Cela fait pas très bon joueur.

Est-ce que je peux vous poser deux questions de politique étrangère ? Dans le face à face, vous avez évoqué l’Union européenne et la Turquie qui est Asie Mineure, mais vous avez peu parlé...
... c’est une réalité, ce n’est pas une opinion.

... vous n’avez pas parlé de la Russie. Or, on dit qu’à Moscou on s’interroge sur ce qui va se passer la semaine prochaine en France, et si c’est vous, comment vous agirez avec la Russie ?
C’est une affaire très importante...

... parce qu’il y la France, l’Allemagne, etc., mais la Russie ?

C’est une affaire extrêmement importante, vous avez raison. La Russie, c’est un grand pays, c’est un grand peuple, et d’une certaine façon la Russie est de retour. La Russie a beaucoup de matières premières, notamment le gaz, et la Russie va compter dans les années qui viennent, premier point. Deuxième point, monsieur Poutine a beaucoup fait pour le développement de la Russie, et donc j’entretiendrai avec la Russie et avec monsieur Poutine si je suis président de la République des relations de travail. Pour autant, on a quand même le droit de dire à un grand pays, "écoutez, il y a des choses qui ne vont pas", je le dirai calmement, je le dirai sereinement, je le dirai fermement.

Même à lui, vous lui direz à lui ?

Oui. Ecoutez, la France est le pays des droits de l’Homme, il y a 900 000 Tchétchènes, les Français doivent le savoir, il y en a 250 000 qui ont été tués, sur 900 000, et 250 000 qui ont été obligés de partir, c’est-à-dire la moitié de la population. Excusez-moi, soit nous défendons les valeurs universelles des droits de l’Homme et ça vaut pour les Tchétchènes comme ça vaut pour les Français, soit nous ne les défendons pas. Alors, je sais parfaitement que, comment dire, que le sentiment national russe a été mis à rude épreuve toutes ces dernières années, depuis Brejnev, Eltsine, Gorbatchev, etc., mais il ne reste pas moins que la démocratie russe a des progrès à faire. Enfin, vous êtes journaliste, on est quand même un peu interpellé par le fait qu’un journaliste russe se trouve empoisonné à Londres.

On le tue ou l’a tuée dans les rues.

Ou cette pauvre de femme... je ne dis pas, naturellement je ne sais pas qui l’a fait, mais enfin ces des questions qu’on peut poser. Je respecte la Chine...

... ce qui est important, ça veut dire que si, encore une fois vous êtes élu, vous n’aurez pas votre langue dans la poche à l’égard des Russes, à l’égard des Chinois.
Oui, mais je veux dire...

... à l’égard des Américains ?

Attendez, attendez, ce sont chaque fois des dossiers différents, sur la Chine... langue dans la poche, il ne s’agit pas de faire de la provocation, la France c’est le pays des droits de l’Homme, la France c’est le pays qui a porté ces valeurs universelles, la France ne peut pas se taire. Sur la Chine, la réussite chinoise est invraisemblable, moi je suis fasciné de savoir qu’un pays qui deux siècles avant Jésus Christ on savait lire, écrire, on avait inventé la poudre, etc., soit capable d’embrasser l’avenir avec la jeunesse, avec la foi d’un pays jeune alors que c’est un pays multiséculaire, bon, l’idée du boycott des Jeux Olympiques est une idée absurde. J’en ai entendu des idées curieuses, mais alors celle-là, de madame Royal s’est étonnant, elle dit aux sportifs, "N’allez pas à Pékin", et elle elle y va.

Cela, vous lui avez dit...
... oui, mais franchement...

... oui, vous lui avez dit quand elle était là.

... non mais c’est quand même assez étonnant.

... alors, on avance.
Et quand elle revient, elle dit, "ah ben la justice chinoise c’est remarquable ".

La justice commerciale.
On peut... oui, alors là c’est encore pire, pardon, je ne veux pas rentrer dans le détail... ...

non, non, mais elle n’est pas là, elle n’est pas là.
On peut respecter la Chine, j’aime la Chine, être fasciné d’ailleurs par l’histoire et la civilisation chinoise, et dire c’est quand même curieux, il faut faire progresser les libertés politiques. Je ne crois pas à la real politique, celle qui fait échanger des principes contre des contrats. On perd ses principes, on perd ses valeurs et on n’a pas les contrats. Mais je vais même plus loin, je ne crois pas au thème de la stabilité comme objectif de la politique étrangère française parce que le seul thème de la stabilité ça a conduit pendant cinquante ans à accepter Yalta et 80 millions d’Européens...

... ça veut dire quoi, "pas la stabilité" ? Cela ne veut pas dire que vous mettriez de l’instabilité, non, c’est pas ça que ça veut dire, pas de l’immobilisme ?
Pas vous, pas ça, pas ce matin !

Non, non, mais il faut préciser.

Non mais, je précise. J’ai entendu pendant des années la stabilité, alors ça veut dire qu’il y avait le mur de Berlin, il ne fallait pas y toucher, d’une certaine manière c’était la réaction de F. Mitterrand d’ailleurs, lorsque que l’Union soviétique à commencé à se déliter, il a eu peur, il s’est demandé si ce changement n’allait pas produire plus d’inconvénients que d’avantages, mais ceux qui vivaient sous le joug de Brejnev, du marxisme, du populisme...

...eh bien, c’est ceux qui ont fait tomber le mur, rassurez-nous.

Mais bien sûr, ce sont eux qui...et Jean-Paul II, et Walesa, et V. HAVEL, donc moi, je suis pour qu’on progresse vers la démocratie et ses valeurs universelles des droits de l’Homme et pas qu’on considère, bon, l’objectif avec la Corée du Nord, c’est la stabilité avec Kim II Sung.

Avant de nous quitter aujourd’hui...
... ce sont des sujets importants.

Mais bien sûr, c’est pour ça qu’on les aborde alors qu’on ne les pas tellement abordé dans le débat. Dans deux jours, et à Montpellier vous l’avez dit devant madame B. Chirac et 15 à 20 000 personnes, on pourra dire adieu à l’héritage de mai 68. Pourquoi vous qui étiez trop jeune pour vivre cette époque, en quelques mots, vous faites systématiquement le procès de mai 68 ? On se souvient qu’il y avait un besoin d’oxygène après dix ans de gaullisme un peu paternel, que la société avait besoin un peu de respirer, d’inventer, pourquoi vous lui faite ce procès ?
Non, parce que je pense que l’idéologie de mai 68 a gravement déstabilisé l’Education nationale dans notre pays. Mais mieux que ça, l’idéologie de mai 68 a tourné le dos à l’idée de la Nation et à l’idée du travail. Et vous savez parfaitement que le mouvement estudiantin de 68 n’a jamais rencontré le mouvement ouvrier parce que le mouvement estudiantin c’était la génération gâtée des Trente Glorieuses et les ouvriers ils avaient des problèmes de pouvoir d’achat et du chômage qui commençait à arriver. Donc, ce sont des valeurs, je le dis très simplement, qui ne sont pas les miennes. Quand au mouvement de libération, il ne faut pas exagérer, la pilule en France c’est 1967, c’est L. Neuwirth.

Oui, mais la loi...
... l’interruption volontaire de grossesse...

... 74.
... c’est 1974, S. Veil, V. Giscard d’Estaing. Alors, je ne dis pas que dans 68 il n’y a pas eu des choses qui étaient sympathiques, "sous les pavés la plage", "jouir sans contrainte", "il est interdit d’interdire", mais à l’arrivée on a payé cela de nos universités qui ont rétrogradé dans tous les classements, de notre Education nationale qui a eu du mal à s’en remettre, d’un pédagogisme qui finalement est arrivé à un mal de vivre des enseignants, à une école qui n’est plus celle du respect, de l’autorité, de la transmission des valeurs, je dirais même de la transmission d’une morale commune - le mot morale ne me fait pas peur - d’une culture commune, une espèce de... cette volonté au prétexte de la démocratisation de dévaloriser les diplômes pour donner à tout le monde quoi ? Rien du tout.

Voilà, c’était votre dernière intervention, en tout cas à EUROPE 1 dans le cadre de cette campagne électorale qui a été dure. Dans un instant, je recevrai...

... elle n’a pas si dure que ça, elle a été passionnante...

... ah oui, ça c’est certain, ça c’est certain.

... et puis finalement c’est très gratifiant pour nous...

... tout le pays s’est mobilisé.
... d’avoir des millions de gens qui ont participé.

Alors, maintenant J.-L. Bianco pour S. Royal et à vous N. Sarkozy, merci et bonne journée.
Eh bien, bonne chance à lui.

Qu’est-ce que vous allez faire toute la journée ?
Eh bien, voilà, je pars, qu’est-ce que je vais faire toute la journée ? Je pars en Haute-Savoie pour aller rencontrer des Français et puis j’ai une journée extrêmement chargée avant d’attendre tranquillement samedi et dimanche.

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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 13:20
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Par Vincent PAULEZ

Dans son discours de Bercy -comme d'ailleurs dans beaucoup d'autres discours précédemment prononcés au cours de cette campagne-, Nicolas Sarkozy a mis en cause les excès de l'idéologie de mai 1968 qui, en affaiblissant des institutions et des valeurs comme l'école, le travail, l'autorité ou le civisme, ont fragilisé la société française et ses capacités à surmonter ses difficultés actuelles. A quelques jours du second tour, la gauche et la candidate socialiste, recourant une nouvelle fois aux raccourcis et aux amalgames les plus grossiers, taxent Nicolas Sarkozy d'être réactionnaire et de vouloir opérer une régression sociale qui reviendrait sur les accords de Grenelle (SMIG augmenté de 25% et remplacé par le SMIC, hausse de 10% de l'ensemble des salaires, reconnaissance de l'exercice du droit syndical dans l'entreprise) et sur les différentes mesures prises durant les années qui ont suivi pour moderniser la société française et reconnaître de nouveaux droits (droit à l'IVG , majorité abaissée à 18 ans, libéralisation de l'information et des médias, abolition de la peine de mort, quatrième et cinquième semaines de congés payés ...).

Ce procès d'intention caricatural n'a pas plus de fondement que les précédents (racisme, eugénisme, despotisme, ultralibéralisme, « bushisme » ...). C'est là l'un des ultimes avatars du sectarisme de la gauche qui considère comme illégitime et dangereux tout ce qui n'est pas elle.

Nicolas Sarkozy n'a bien sûr aucunement la volonté de remettre en cause les Accords de Grenelle ainsi que l'ensemble des libertés individuelles et collectives consacrées depuis 1968. Et il est tout simplement absurde d'imaginer qu'il pourrait revenir sur l'IVG, l'âge de la majorité politique ou la 4ème et la 5ème semaines de congés payés.

Son propos n'est évidemment pas celui-là. Il est de dénoncer des excès libertaires qui ont fait des ravages dans notre conception de l'école, dans les processus de transmission de nos valeurs et de nos principes, dans notre rapport à l'autorité et au travail. Ces excès, qui se sont imposés et banalisés avec la pensée unique et le politiquement correct, nous disent que l'élève est l'égal du maître, que le travail est une source d'aliénation qui doit donc être combattue, que l'excellence et la distinction des mérites sont néfastes, que tout se vaut et qu'il ne peut y avoir de hiérarchie des valeurs, que la société est plus coupable que le délinquant et que celui-ci vaut bien la victime, que l'autorité est une notion dépassée voire illégitime par essence, que l'individu a surtout des droit s avant d'avoir des devoirs, etc.

Sa conviction est qu'il est temps de rompre avec cette dérive et que la France a un urgent besoin de revaloriser le travail, l'effort, le mérite, l'excellence et la réussite, de réhabiliter l'autorité et le respect sans lesquels on ne peut durablement consolider l'école de la République et la cohésion de notre pays. C'est d'autant plus nécessaire que ce sont d'abord les plus faibles et les plus démunis qui souffrent des conséquences de cette philosophie du relativisme généralisé et du laxisme systématique. Ceux qui la professent, ce ne sont généralement pas ceux qui vivent dans des quartiers difficiles, qui sont victimes de l'insécurité et qui scolarisent leurs enfants dans les ZEP. Derrière cette conception dévoyée de la modernité, prospèrent en fait tous les conservatismes, tous les blocages de notre société et au final toutes les injustices.

Du reste, la candidate socialiste est bien mal inspirée de se poser de façon aussi inconditionnelle en défenseur de l'héritage de Mai 1968. Elle semble oublier que le PS lui-même, dans un rapport présenté lors d'un colloque organisé en octobre 2004 sur « l'avenir de la France », a prôné un « droit d'inventaire » sur cet héritage considéré comme « anti-libéral libertaire sur les questions de société ». On peut ainsi y lire :

« Sans être un réactionnaire patenté, on peut sans grand danger émettre l'hypothèse que les nouvelles libertés personnelles dont ont bénéficié les hommes et les femmes de la génération 68 n'ont pas eu que des effets positifs sur la structuration identitaire et psychologique de leurs enfants. La société semble osciller, vis-à-vis de ses enfants, entre l'excès et le défaut de transmission ».

On ne saurait mieux dire.

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